Cours et Animations


Animation : Veillée Et toque !


Petite veillée à mettre en place en parallèle d'autres propositions d'activités.

La fiche d'animation

Tranche d’âge : six-quatorze ans

Effectifs d’enfants (minimum-maximum) : de douze à vingt

Description de l’animation :
Comme son nom l'indique, cette veillée s'inspire du jeu de société Et Toque !, et l'adapte pour une version par équipes.


Les équipes piochent une douzaine d'ingrédients, d'ustensiles de cuisine et de façon d’accommoder (le tout sous forme papier, bien sûr, il ne s'agit pas d'une vraie veillée cuisine). Chaque équipe pioche ensuite en secret un thème de menu différent (les thèmes peuvent s'adapter à votre imaginaire et votre thématique de séjour s'il y en a une). A partir de là, les équipes doivent composer un menu avec les ingrédients à leur disposition, de manière à correspondre à leur thème de menu. Le seul type de mots qu'elles ont le droit d'ajouter pour écrire leur menu (dans le cas où vous auriez une tranche d'âge capable et volontaire pour faire des phrases) sont des prépositions : à, de, par, pour, sans, sur, au-dessus, avec...
Exemple : L'équipe A a pioché le thème " Le repas dans le désert ", et choisit parmi ses ingrédients " aloe vera ", " sablé " et " grillé ".
Quand toutes les équipes ont composé leur menu, on ramasse leurs affiches, qu'on présente à l'ensemble du groupe de jeunes, puis on ramasse secrètement les menus, on les mélange, et on les annonce à l'ensemble du groupe. A présent, chaque équipe doit faire correspondre un thème à un menu.
Ex. : L'équipe A considère que le menu de l'équipe B " boudin noir sur lit de rognures de grenouilles " correspond au thème " repas des vampires ". NB : les ingrédients soulignés sont ceux piochés par l'équipe B, les autres mots correspondant aux prépositions ajoutées.
Le comptage des points se fait ainsi : un point par thème et menu correctement associés, un point par équipe qui a fait correspondre votre thème à votre menu.
Ex. : L'équipe A a trouvé les deux thèmes des équipe B et C. L'équipe B a trouvé que l'équipe A avait préparé le " repas dans le désert ", en revanche l'équipe C s'est trompée. L'équipe A marque donc trois points.
On reprend selon le même principe, avec de nouveaux thèmes de menus. Les ingrédients qui ont servi sont défaussés, et on en pioche de nouveaux pour faire le complément à douze.
Quatre manches, plus une " pour du beurre " au début me paraissent être une durée raisonnable. L'équipe qui a marqué le plus de points remporte la partie.

Déroulement de l’activité :

Type de jeu :
Compétitif par équipes

 Objectifs de l’activité : 
Travailler le langage et l'esprit d'équipe.


Imaginaire :
A adapter à vos besoins et selon votre imagination. En général, pour ma part, je viens en fée des Rations, une cuisinière magique, farfelue et un peu étourdie, qui égare et mélange tout le temps ses ustensiles, et a donc besoin de marmitons pour l'aider en cuisine. Elle recrute la meilleure équipe à la fin de la soirée.

Sensibilisation :
Selon l'imaginaire et le nombre de jeunes. Pour une petite veillée, une affiche convient très bien.

Lieu :
Une salle avec un espace où accrocher les affiches des menus, et les points marqués par chaque équipe, ainsi qu'une table par équipe.

Comment se lance le jeu ? (besoin de faire des équipes ? qui ? quand ? comment ?) :
On laisse les jeunes s'asseoir par table selon leurs envies : s'il y a le bon nombre de chaises réparti dans la salle, les équipes se feront d'elles-mêmes.
Explication des règles, et un tour de jeu pour exemple.

Quels sont les rebondissements pendant le jeu ?
C'est là où je tâtonne encore un peu, pour arriver à en faire une veillée punchy... Une phase où on dessine les ingrédients, une phase où l'équipe doit les mimer ?

Comment se conclue le jeu ?
A la fin des quatre manches on compte le nombre de points et l'équipe gagnante devient assistante de la fée des Rations.

Retour au calme ? :
Les enfants marchent en silence dans la salle, sans se toucher, pendant qu'on raconte une histoire : par exemple la fée des Rations décrit les légumes de son potager. A son signal, chaque enfant choisit un légume planté dans la terre et doit le mimer en silence, sans bouger et en fermant les yeux.
La fée des Rations vient ensuite toucher l'épaule des enfants un par un, pour qu'ils remontent dans leur chambre, en commençant par les plus calmes.


Préparation :
Matériel nécessaire ? (quoi, combien)
Des ingrédients / ustensiles / façons de cuisiner (une " planche " modèle à photocopier), il en faut bien une bonne soixantaine au moins. On peut s'inspirer des aimants proposés dans le jeu de société Et toque !. Selon la tranche d'âge, on les écrit ou on en fournit une image.
Des thèmes de menu et leurs explications, en multipliant le nombre d'équipes par le nombre de manches prévues (prévoir une manche supplémentaire au cas où).
Du matériel pour préparer les affiches des menus, ou recueillir les dessins des ingrédients (feutres et papier A2).
Le costume des animateurs référents et la décoration de la salle, éventuellement de quoi diffuser de la musique.

Combien d’animateurs nécessaires ?
De un à trois selon les effectifs et la tranche d'âge. Un animateur référent (qui peut jouer la fée des Rations) et un à deux animateurs volants qui peuvent circuler parmi les équipes pour les aider à comprendre les règles et composer les menus.

Remarques et conseils

Comme dit plus haut, je suis encore en perfectionnement pour cette animation. C'est une petite veillée, mais je la trouve encore un peu " plate " en l'état. J'attends d'avoir testé avec de la musique, et des phases mime ou " dessiner c'est gagné ".
On peut la proposer aux six-neuf ans, mais attention, il faut prévoir des images pour les petits qui ne sauraient pas encore bien lire. Dans ce cas-là, vous pouvez avoir des chaudrons, des casseroles, des saladiers ou autre sur les tables, dans lesquels ils mettront les ingrédients sélectionnés. C'est le moment de faire participer les personnels techniques du centre, s'ils sont motivés, et de les intégrer à une équipe.
A l'inverse, si vous voulez étendre à une tranche d'âge au-delà des quatorze ans, c'est possible (après tout, c'est d'abord un jeu pour adulte), dans ce cas n'hésitez pas à leur faire faire des jeux de mots avec les ingrédients et les thèmes. C'est cependant à mon avis une veillée qui suscitera moins leur intérêt.
Les thèmes de menus peuvent varier à l'infini, en fonction de votre imaginaire. N'hésitez pas à les adapter.

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[Vendredi 27 octobre]

Séquence de cours : " Et si rien ne se passe quand j'agiterai ma baguette ? " JK Rowling, Harry Potter à l'école des sorciers (1997)

Etude de la construction d'un univers merveilleux dans le récit, à travers une oeuvre complète.

Niveau de classe conseillé : cinquième
Thème : Imaginer des univers nouveaux

Dominante : écriture

On termine ce mois spécial Harry Potter avec un prototype de séquence de cours, que je soumettrai à l'expérimentation en novembre prochain : tout le contenu de cet article est un projet, qui n'a pas été encore présenté devant des élèves. Je ne garantis donc pas sa réussite, et je serai forcément amenée à y apporter des modifications après une première mise en place.

N'ayez pas l'air si désespérés, les enfants...

On aborde ici une oeuvre anglophone, qui sera à étudier en traduction. C'est encore possible en oeuvre intégrale au collège, mais néanmoins, mes activités principales de séquence tourneront autour de l'écriture, afin de travailler des compétences propres à l'étude de la langue française. Le roman de JK Rowling sera donc surtout un support pour créer un paysage imaginaire propice à la création et à la rédaction pour les élèves.
L'évaluation finale sera un écrit d'imagination : une description d'un objet, d'un lieu, d'un animal ou d'un loisir magique qui pourrait apparaître dans le monde des sorciers.

Les explications de texte : entrées et sortie dans l'univers

L'incipit : entrée du lecteur dans l'univers de JK Rowling. Ordinairement, dans une oeuvre intégrale, je fais étudier la toute première page pour faire comprendre les enjeux de l'incipit. Avec L'Ecole des sorciers, et l'angle suggéré par le thème au programme, je change un peu mes habitudes. Je compte poser des questions d'analyse sur le passage qui va de l'arrivée d'Albus Dumbledore dans Privet Drive, à la métamorphose du professeur McGonagall en sa forme humaine. L'extrait est intéressant car il arrive après une dizaine de pages du quotidien sordide des Dursley (les caprices de Dudley bébé, les commérages de Pétunia, le travail en bureau de Vernon...). Tout d'un coup, le lecteur découvre un nouveau monde derrière son propre univers : le chat n'est pas un simple chat, les réverbères peuvent s'éteindre d'un seul coup grâce à un seul briquet, et certains individus portent des capes vert émeraude.
©Iuventus94

Harry sur le Chemin de Traverse : (ou Harry dans sa première semaine à Poudlard, ça marche aussi) entrée du héros dans un univers nouveau. L'objectif ici sera de montrer comment JK Rowling détourne notre quotidien, et celui de Harry, pour en tirer un monde magique. Avant cette séance, les élèves auront été amenés à lire au moins les quatre (ou sept) premiers chapitres. Ici, il s'agit de construire les outils qui serviront aux élèves pour créer leur propre objet / fait magique dans leur rédaction, en décryptant la méthode de Rowling pour écrire son univers.

L'excipit : une sortie de l'univers ? On montrera ici comment JK Rowling fait coïncider le retour de son héros dans le monde des moldus avec le retour du lecteur dans sa propre réalité. Mais il convient aussi d'aborder les enjeux de la préparation d'une suite : le lecteur ne sort de l'univers que temporairement.

Parenthèse : un coup de gueule

Il y a quelques temps est sorti sur Internet un article sur un professeur qui a transformé sa salle de classe en salle de Poudlard. A la lecture du titre, cela m'avait amusé, et éveillé ma curiosité. Et puis je me suis rapidement énervée. En réalité, ce type de chronique sur des enseignants étrangers diffusent de fausses idées sur ce que peut être l'enseignement en France. Il serait à mon avis très difficile, pour ne pas dire impossible, de réaliser ce type de contenu pédagogique ici. Pour commencer, ce professeur a transformé trois salles en enfilade, reproduisant notamment le bureau de Dumbledore en plus d'une salle de cours magique. Comme une grande majorité de collègues, je n'ai pas ma propre salle cette année, et je change parfois trois fois dans une même demi-journée. Impossible donc, de refaire le décor si un collègue me succède juste après ! Ensuite, il y a passé soixante-dix heures. Athéna sait que j'adule Harry Potter, et j'aime énormément travailler avec et pour mes élèves, mais je n'ai pas soixante-dix heures à consacrer à la déco de ma salle de classe. Si je les avais, je préférerais les passer à soigner le contenu de mes cours. Enfin, ce n'est qu'accessoire, mais il est important de souligner que je n'ai pas le budget pour le matériel nécessaire. J'ai investi dans des enceintes, du papier format affiches, des DVDs, et je suis toujours contente quand je peux faire une grosse série de photocopies à la machine sans anicroche, autant dire qu'acheter du tissu et des billes de couleurs juste pour l'ornementation est hors de question. Avec un budget illimité, carte blanche et sa propre salle, je pense qu'on peut facilement transformer un professeur en Valérie Damidot de l'éducation, mais pour l'instant ça relève encore plus du merveilleux que l'univers de JK Rowling.
Désolée pour ce coup de gueule un peu long, mais c'était pour apporter quelques précisions : si tous les professeurs ne font pas ça, ce n'est pas parce qu'ils sont paresseux, c'est juste qu'ils n'ont pas les mêmes moyens que les enseignants du système privé américain.

On garde son calme face aux critiques anti-prof...

Mes élèves devront donc se contenter d'un e-boux sur l'Environnement Numérique de Travail, qui leur servira de lettre à Poudlard, en leur précisant le matériel dont ils auront besoin pour la séquence.
Je prendrai ensuite le temps de les répartir en Maisons, en leur faisant choisir entre ces différentes qualités : Courage, Erudition, Loyauté et Intelligence. Je rééquilibrerai si besoin, en fonction de ce que j'aurai pu percevoir de leur caractère depuis le début de l'année. Cela me servira, pas pour toutes les séances, mais pour les plus ludiques, à mettre en place le système des récompenses par points. Hors de question en revanche d'en retirer, et j'expliquerai aux élèves pourquoi : le respect des règles et le travail de cours doit venir d'eux. Nous devons pouvoir tous ensemble faire respecter les règles de vie, sans avoir recours au comptage de points.
Je ferai sûrement l'un des derniers cours en cape de Serdaigle, avec une jupe " constellation " qui s'illumine grâce à un système de DEL, et une ambiance musicale pour l'accueil en classe, mais pas plus.

Les activités en lien avec la séquence

Je m'apprête à faire celle-ci peu avant Noël, je m'autorise donc un certain nombres d'activités un peu plus ludiques et plus " hors des clous " que dans mes autres séquences.

Comme dit plus haut, la dominante de cette séquence est l'écriture. Beaucoup d'activités seront donc des moyens de travailler les compétences en lien avec cette dominante. Il est possible que je reprenne le " jogging d'écriture ", un entraînement quotidien de cinq minutes pour dépasser l'angoisse de la page blanche. On peut aussi profiter de l'univers pour faire fabriquer une volière aux élèves, et les laisser s'envoyer des hiboux (ou des e-boux). La rédaction sera préparée en amont, avec le choix de l'objet, du lieu, de l'animal etc. à adapter au monde magique, et par la liste de ses caractéristiques. Les sources d'inspiration possibles des élèves seront à leur rappeler au moment de l'exercice : leur lecture du roman, les explications de textes, les lectures d'images et écoutes de musique faites en classe...


Pour les compétences de lecture et d'oral, outre les explications de textes, il est possible que je leur fasse faire de cours exposés ou des affiches à présenter en début d'heure, sur l'ensemble de l'univers des sorciers. Je pense m'appuyer notamment sur les élèves qui ont déjà lu toute la saga, et j'ai la chance d'en avoir plusieurs cette année dans ma classe. J'espère cependant qu'il y aura le moins de spoilers possible : mon but ultime et machiavélique est qu'au moins la moitié des élèves lise la suite de la saga.

Avec les nouveaux programmes, nous ne sommes plus tenus de lier notre progression de langue à notre progression littéraire. Je ne développerai donc pas beaucoup les notions que je compte aborder. Dans le cadre d'une étude de roman, la révision des temps du récit me paraît un choix logique. Je commence ce thème après celui de l'héroïsme, on peut donc réviser aussi les registres merveilleux (programme de sixième) et épique (thème " héros et héroïnes "). Ils seront utiles dans tous les cas pour la rédaction finale.


En documents et études complémentaires, je compte leur faire prendre conscience (par une recherche biographique à la maison ?) que l'univers de JK Rowling lui a permis de s'échapper de son propre monde précaire lorsqu'elle a commencé à écrire, de mère célibataire sans emploi.
Une séance sera également consacrée à l'adaptation filmique (comment transposer un univers de l'art littéraire à l'écran ?) et ses limites (mauvais jeu des acteurs, coupes dans le scénario, etc.).

Si les collègues sont d'accord...

... et que cela rentre dans leur progression, il y a plein d'ouvertures et de ponts possibles entre les matières.
L'étude des Runes et les formules magiques peuvent être abordées avec le/la collègue de langues anciennes (si vous avez des latinistes en herbe dans votre classe). Il existe d'ailleurs une version du premier tome en latin.
Un ami professeur de physique-chimie (salut Maxime !) a incarné un très impressionnant professeur Rogue pour son cours sur les précipités (si mes souvenirs sont bons).
Ma collègue de technologie m'a expliqué à regret que les DEL ne sont plus au programme, mais il y a peut-être d'autres projets à creuser sur les artefacts magiques.
Les SVT peuvent parler des créatures magiques, d'astronomie, de la botanique...
Et pour finir, il est évident que l'anglais est un atout certain. Ma collègue d'allemand m'a même dit qu'elle faisait aussi des extraits en traduction.

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[Lundi 4 septembre 2017]

Animation : Elixir ou le Tournoi des sorciers


Animation d'après-midi

La fiche de projet d'animation

En amont du séjour, il est nécessaire de mettre par écrit ses projets d'animation. Cela clarifie les règles pour soi et pour les autres membres de l'équipe, et cela permet d'anticiper la préparation nécessaire.
Ce modèle m'a été donné par une directrice très compétente avec qui j'ai eu l'honneur de travailler. Si par hasard elle passe par ici et se reconnaît, elle a le droit de hurler " C'est moi ! " en commentaire. Il est à mon avis très bien détaillé, et oblige à remplir toutes les informations nécessaires à une bonne préparation.



Tranche d’âge : six-quatorze ans

Effectifs d’enfants (minimum-maximum) : de vingt à soixante

Description de l’animation :
Mélange entre un " douanier-contrebandier " et le jeu de cartes Elixir.
Le but est de récolter le plus de points-magiques en lançant des sorts à l'autre équipe. Ces sorts pourront rapporter plus ou moins de points en fonction de leur composition (nombre et rareté des ingrédients) et gêner en plus l'autre équipe par les effets " magiques " qu'ils auront.
Les équipes comportent deux rôles chacune : ceux qui vont aller apporter les ingrédients de potions au(x) sorcier(s) (appelons-les les Alchimistes) et ceux qui vont tenter de voler les ingrédients aux joueurs de l'équipe adverse (appelons-les les Hérauts).
Les Alchimistes piochent dans la réserve de l'Apothicaire un ingrédient (symbolisé par un morceau de papier avec un dessin et / ou un nom). Ils le cachent sur eux, et doivent traverser le terrain pour l'apporter à leur Sorcier chef d'équipe. Une fois qu'ils ont rassemblés ainsi plusieurs ingrédients, ils peuvent aller voir le Gardien du Chaudron pour que celui-ci annonce les effets de la potion ainsi préparée, et compte les points marqués.
En chemin, pendant la traversée de terrain, les Alchimistes ont pu être interceptés par les Hérauts de l'équipe adverse. S'ils se font toucher par un Héraut, ils doivent aussitôt s'immobiliser. Le Héraut a ensuite trente secondes (c'est l'Alchimiste qui compte à voix haute) pour fouiller l'Alchimiste. S'il trouve un ingrédient, il peut le conserver et le ramener à sa propre équipe.
Les sorts simples sont ceux du jeu Elixir : dire " saperlipopette " ou " poil au... ", parler à la première personne du pluriel, appeler tout le monde " Maître " et vouvoyer... Ainsi que des sorts propres au jeu de plein air : marcher en pas-chassés, être obligé de se tenir à deux par le bras pour se déplacer...


Déroulement de l’activité :

Type de jeu :
Compétitif par équipes

 Objectifs de l’activité : 
Employer un langage imaginaire et des nouvelles façons de parler
Favoriser l'esprit d'équipe et l'autonomie en ayant le choix sur son mode de jeu (course raisonnable et réflexion pour les Alchimistes, course plus rapide et observation pour les Hérauts)

Imaginaire :
Deux grands sorciers rivaux (animateurs) doivent s'affronter dans l'ULTIME DUEL. Mais leur magie est perturbée, et leurs sorts fonctionnent mal... Il faut donc que des Alchimistes composent pour eux les potions.

Sensibilisation :
Les deux sorciers mangent avec les enfants le midi, et commencent à se disputer à table. Ils se lancent un défi à la fin du repas.

Lieu :
Un terrain de plein air assez grand, avec si possible des petites " bosses ", des buissons, des arbres... Pour se déplacer de manière discrète.

Comment se lance le jeu ? (besoin de faire des équipes ? qui ? quand ? comment ?) :
Il faut constituer de deux à quatre équipes en fonction du nombre d'enfants. Elles peuvent se faire en amont, ou bien se constituer sur le terrain par recrutement (équilibrés) des deux sorciers.
Les sorciers expliquent les règles.
Ensuite chaque rôle rejoint son poste, et on attend un signal de top départ pour que les Alchimistes puissent traverser le terrain et rejoindre leur chef d'équipe.

Quels sont les rebondissements pendant le jeu ?
Des ingrédients rares sont mis en jeu => des sorts plus puissants peuvent être lancés.(guérison, sorts qui donnent plus de points...)

Comment se conclue le jeu ?
A la fin du temps réglementaire du tournoi, les deux sorciers peuvent jouer la fin du duel, à déterminer en fonction de l'équipe gagnante.

Retour au calme ? :
Serrage de main des sorciers et prise de rendez-vous pour le prochain tournoi. (petit jeu théâtral)

Préparation :
Matériel nécessaire ? (quoi, combien)
Des ingrédients (une " planche " modèle à photocopier), dix au moins à imaginer, nommer, dessiner (on peut s'inspirer des cartes du Elixir).
Une liste des sorts, de leurs effets et des ingrédients nécessaires pour les réaliser. A donner aux chefs d'équipe et au Gardien du Chaudron.
De quoi noter les points marqués.
Les costumes des personnages (animateurs).

Combien d’animateurs nécessaires ?
Au moins deux (un Gardien du Chaudron, un Apothicaire ou animateur volant). Les sorciers rivaux peuvent être joués par des jeunes dégourdis et / ou blessés par exemple, de même que les chefs d'équipe.

Remarques, variantes et conseils

Bien sûr, comme toutes les animations que je présenterai ici, Elixir est à adapter au public et aux moyens.
Si vous avez un grand effectif d'enfants, vous pouvez aussi le croiser avec un " Poule-Renard-Vipère " ou (PRV), et dire que l'équipe A n'attrape que l'équipe B, qui n'attrape que l'équipe C, qui n'attrape que l'équipe D.
Comme dans toute bonne animation, à partir du moment où vous maîtrisez les règles, l'imaginaire est complètement transformable selon vos besoins. En animation, votre seule limite est votre imagination : si vous avez besoin de prolonger l'univers et / ou le jeu, les ingrédients peuvent avoir été fabriqués ou gagnés dans un jeu précédent avec des stands d'épreuves par exemple.



Elixir adapte le surfait sur-célèbre " Douaniers-Contrebandiers ". J'ai toujours aimé ce jeu depuis toute jeune enfant de colo, parce qu'il ne suffisait pas d'être rapide pour gagner : avoir bien dissimulé le papier sur soi permettait aussi d'échapper à l'adversaire. Les non-sportifs s'amusaient donc autant que les jeunes sportifs.
Il faut bien sûr y mettre des limites : le papier ne doit pas être en contact avec la peau, ou avec un quelconque orifice du corps. Cette règle claire permet en principe d'éviter toutes les cachettes problématiques. Si la fouille pose vraiment problème, notamment pour des jeunes peu à l'aise avec le contact physique (d'abord on peut leur donner un autre rôle dans le jeu...), on peut aussi remplacer la fouille par une série de dix questions par oui ou par non : " Est-il dans ta casquette ? ", " Est-il dans ta poche de jean ? ", etc.



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[9 juillet 2017]

Séquence de cours : « Des 

personnages entraînés à chaque acte de leur 

vie 

par les fatalités de leur chair » Emile Zola, 

Thérèse Raquin


Groupement de textes sur le corps dans les récits réalistes et naturalistes au XIXe siècle

Niveau conseillé : seconde générale et technologique
Objet d’étude : le récit (les récits réalistes et naturalistes au XIXe siècle, roman et nouvelle)

Je n’aime pas le mouvement culturel du réalisme. J’ai peiné à finir Le Père Goriot, j’ai dû m’y reprendre trois fois pour achever Madame Bovary, je n’ai jamais réussi à terminer Le Rouge et le noir. On reproche souvent aux auteurs de cette période les descriptions interminables. Lorsque je prévois mes cours pour cet objet d’étude en seconde, je prends donc en compte que mes élèves ne seront forcément pas touchés par les mêmes choses qu’un étudiant en lettres modernes.


Par ailleurs, j’adore les naturalistes, et ce, depuis que je les ai découverts au lycée. Il y a quelque chose d’à la fois enthousiasmant et savoureux dans leur façon de remuer la boue et le stupre, et de plonger dans la bile noire des affres de leur société. Ce qui me plaît chez eux, c’est le concret. Plus il y a de détails sales, plus je m’éclate. Il y a trois ans de cela, un collègue de français m’avait fait complètement rêver avec une séquence sur le corps des femmes dans Zola. Aussitôt avaient surgi dans mon esprit la nudité quasi divine de Renée Saccard, les premières règles de Catherine Maheu et le cadavre de Nana en décomposition.
J’avais envie d’y ajouter deux choses : des corps masculins, et des auteurs réalistes. Comme ma deuxième séquence sur ce thème est déjà un peu à la marge des programmes, il fallait que je balaie le maximum d’enjeux dans cette séquence.


En introduction, pas d’auteurs au programme

Ou du moins, pas au programme de cet objet d’étude en particulier. Je profite de l’excuse « histoire des arts » et « œuvres complémentaires » pour aborder des textes que j’adore, mais qu’on n’étudie pas en principe en seconde. La première séance de cours est donc consacrée à une histoire de l’art littéraire, et à la description du corps en littérature.
On commence en douceur, avec un blason du XVIe siècle, par exemple le « Blason du beau sourcil » de Maurice Scève. Cela permet d’introduire le corps féminin comme objet d’admiration et d’amour. On fait donc découvrir ce genre poétique qui consiste à choisir un détail et à le décrire précisément de manière élogieuse et méliorative :

Sourcil tractif en voûte fléchissant
Trop plus qu'ébène, ou jayet noircissant.
Haut forjeté pour ombrager les yeux,
Quand ils font signe ou de mort, ou de mieux.

Ensuite, on range les violons et les jolies fleurs, et on passe à quelque chose d’un peu plus complexe, mais aussi de plus truculent : l’accouchement de Gargamelle dans Gargantua (1535), de François Rabelais. Après qu’on a évoqué la spécificité du genre narratif, et le fait que Rabelais était médecin, on peut donc introduire la naissance du personnage principal, qui au lieu de sortir par le vagin, remonte dans le corps de sa mère et sort par son oreille. Un dialogue avec les élèves (« Est-ce plausible ? » « Pourquoi ce choix alors que Rabelais connaît bien l’anatomie humaine ? » « Quelle est la différence entre la tête et le bas corporel ? ») permet d’expliquer que la naissance de Gargantua est en fait une élévation vers les choses de l’esprit. Il nait par l’organe qui sert à écouter, et donc à apprendre (et les chapitres suivants dans le livre seront justement consacrés à son éducation).


Enfin, on distribue le sonnet « Vénus Anadyomène » (éventuellement après avoir abordé le tableau La Naissance de Vénus de Botticelli) de Rimbaud :

[…] Les reins portent deux mots gravés : Clara Venus ;
- Et tout ce corps remue et tend sa large croupe
Belle hideusement d'un ulcère à l'anus.

Avec ce tercet final, en principe, je déclenche des exclamations de dégoût dans la classe, et j’introduis la « fascination répulsion » qui est mon objectif. Après les remarques sur le paradoxe de la Vénus vieille et laide, on peut parler du regard d’un homme attiré par la pédérastie sur le corps féminin, et de l’engagement poétique dénonçant les conditions de vie des prostituées au XIXe siècle. Car oui, la femme décrite est une prostituée, malade de la syphilis, d’où l’ulcère mal placé.


Les lectures analytiques, de l’idéel au concret morbide

Comme il s’agit d’une séquence en groupement de textes, et non d’une œuvre complète, mon objectif en lecture analytique est aussi de donner envie aux élèves d’aller explorer les récits abordés. Je profite de l’absence d’examen à la fin de l’année pour ne pas soumettre mes élèves à la grande tragédie des études littéraires : je ne leur révèle jamais la suite de l’histoire (sauf bien sûr dans le cas des extraits tirés des derniers chapitres). Vous voulez savoir la fin ? Le roman est au CDI.


A partir de là, voici des suggestions de commentaires en classe.
Le corps de Raphaël brisé par l’abattement dans La Peau de chagrin permet de mettre une touche de Balzac. Il est d’apparence jeune, mais déjà soumis à la tragédie, car il sait qu’il va mourir lorsque la peau d’onagre magique qui exauce ses désirs sera réduite à néant. De fait, son attitude est celle d’un vieillard. Tout le mouvement de la description fait qu’il est attiré vers le bas.
La mort d’Emma dans Madame Bovary, est l’occasion de montrer que les réalistes représentent leur société (un archétype de chaque profession du village est présent à son agonie), et ses défauts (tous détournent la tête pour ne pas voir l’échec, et l’extrême onction est inutile). On en profite pour souligner et expliquer la violence du texte : les spasmes de la suicidée font presque penser à un exorcisme. S’agit-il de Flaubert vomissant l’hypocrisie de son siècle ?
On passe ensuite aux naturalistes, avec l’accouchement de Jeanne, dans Une Vie de Maupassant. Cet extrait permet de faire le lien avec le texte de Rabelais. De la naissance extraordinaire de Gargantua, on passe aux contractions douloureuses pour le corps et l’âme de l’héroïne naturaliste, qui doit affronter à la fois l’enfantement et l’adultère de son mari.
Enfin, on peut analyser la description des restes pourrissant de Nana dans le roman éponyme. On en profite pour introduire ou rappeler la définition du registre fantastique (la flamme qui éclaire le visage de la morte semble bouger toute seule), et la maladie dont la prostituée parisienne est morte permet de parler de l’ambition scientifique du naturalisme.

En devoir sur table de fin de séquence, on peut donner des questions d’analyse sur l’accouchement d’Adèle dans Pot-Bouille de Zola, ce qui permet de faire faire des rappels sur les textes de Rabelais et de Maupassant, en plus des définitions des mouvements littéraires à retenir.


Etudes complémentaires et lectures cursives : en chantier

J’ai déjà parlé des œuvres littéraires qu’on peut lire en complément avec les élèves. En milieu de séquence, on peut aussi faire de l’histoire de l’art pictural, et voir comment, en parallèle de la littérature, on passe d’un corps idéalisé (La Naissance de Vénus de Botticelli, La Source d’Ingres…) à un corps au travail (Les Glaneuses de Millet) ou avec des défauts (La Source de Courbet). Evidemment, L’Origine du monde de Courbet est également faisable. Personnellement, je ne suis pas touchée par ce tableau, et je ne saurais pas comment le commenter avec des élèves. Si j’ai le temps de parler de photographie, je termine sur Le Violon d’Ingres de Man Ray. Il est possible que la prochaine fois que je reconstruirai cette séquence de cours, je prenne des idées dans l’article « Une histoire de l’art, vue du corps » de Fly.




J’aimerais également tester le fait de faire lire Thérèse Raquin, mais je crains que ce ne soit un peu long, surtout pour une séquence que je place généralement en début d’année. Jusqu’à présent je leur faisais choisir une nouvelle dans un recueil de Zola fait par les éditions Hachette, dans la collection « Biblio lycée », mais je ne suis pas vraiment satisfaite de cela non plus. Si quelqu’un a une idée, les commentaires sont là.


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Animation : Le rythme des activités, le nerf de la guerre

Le rythme, c'est quoi ? Quel rythme adopter ?

On parle beaucoup, entre animateurs, en préparation de séjours, en réunion, etc. du " rythme " des activités, parfois du rythme du séjour ou de la journée. Dans une animation, le rythme va être le niveau d'intérêt et d'action des enfants. Quand on commence tout juste un jeu, par exemple, il s'agit de les éveiller à l'imaginaire choisi, de les faire rentrer dans la partie. D'autre part, il s'agit aussi d'adapter leur investissement physique (en faisant un échauffement par exemple, ou en leur expliquant les règles). A l'inverse, quand on est au beau milieu de l'activité, ils ont compris qui sont les personnages qui sont avec eux, tentent de les aider ou de lutter contre eux, et sont en train de courir partout, pour un grand jeu d'après-midi par exemple.

Le rythme peut être représenté en gros par une courbe :

L'évolution du rythme en fonction du temps de l'activité, ne vous fiez pas aux chiffres, c'est juste un exemple visuel.

Cette courbe représente le rythme le plus souvent adopté et préconisé, mais tous les animateurs et directeurs ne sont pas d'accord. J'ai déjà entendu qu'il fallait quelque chose de moins lisse, de moins régulier. Quelque chose qui serait plus proche de la vague. J'ai déjà entendu aussi qu'il était mieux de commencer tout de suite à fond, d'investir au maximum les jeunes, dès le début de l'activité, et qu'ils soient déjà dans un pic important d'investissement dès l'accueil du jeu. Et on m'a souvent dit qu'il valait mieux s'arrêter alors que les enfants s'amusaient bien, dans le cas d'un emploi du temps serré, plutôt que de traîner en longueur et de laisser l'ambiance retomber.
Mon idéal est un peu un mélange de la " courbe " et de la " vague ", quelque chose qui commencerait subtilement, gagnerait en intensité, serait relancé petit à petit par des événements dans le jeu, et se terminerait sur une conclusion et un retour au calme tout en douceur :

Grosso modo ça...


Quel rythme tout au long de l'activité ? L'exemple de la veillée

Pour rappel, une veillée se déroule sur environ une heure et demi, après le dîner. Je laisse de côté la tranche d'âge quinze/dix-sept ans, un peu particulière sur la vie quotidienne du soir.

Il faut donc faire démarrer la courbe en amont, avant le début de l'activité, avec ce qu'on appelle la sensibilisation (ou " sensi " en abrégé). Pour une veillée, elle peut se faire par exemple au goûter, pendant le temps libre de l'après-midi, pendant les douches ou au repas du soir. L'intérêt est de donner envie aux jeunes de participer à l'activité, de leur annoncer par quelques indices l'univers et le type de jeu, éventuellement de leur donner la liste du " matériel " à prendre avec eux (un pull pour une veillée en extérieur par exemple). On fait donc monter d'un cran l'intérêt des enfants, qui va, dans l'idéal, augmenter encore un peu dans les discussions informelles avant le début à proprement parler.

Vient ensuite l'accueil, le moment où les jeunes se rassemblent au début de l'activité. Il faut donc introduire la base des explications du jeu et le lancer de manière à faire " monter la sauce ", et que les jeunes s'amusent bien sur la première partie de soirée. On fait encore monter le rythme d'un cran.


Pendant le déroulement du jeu, le rythme est susceptible de retomber. Dans le cadre d'une courbe " lisse ", on introduira un gros événement en milieu de partie, et on aura un pic d'investissement de la part des jeunes. Par exemple, dans une veillée casino, un braquage peut intervenir, et modifier légèrement les règles pour mixer les stands avec un Cluedo grandeur nature.
Pour éviter que la " sauce " ne retombe, on peut introduire tout un tas de petits événements, de manière régulière. On peut faire intervenir un nouveau personnage, qui sera une adversité ou un adjuvant supplémentaire pour les joueurs, on peut changer légèrement les règles, introduire une faction de traîtres, changer de lieu dans l'imaginaire, etc. Comme souvent en animation, votre seule limite est votre imagination.

Enfin, il faut penser à la conclusion et au retour au calme. Ils sont à anticiper, car ils ne peuvent intervenir brusquement, au beau milieu d'un pic d'excitation et d'agitation. De même, on ne peut pas s'en passer, donc il faut éviter de se retrouver pris par le temps. Quel vœu pieux ! Evidemment, je parle dans l'idéal, mais pour signaler l'un des gros écueils de la gestion du rythme. Il faut penser à annoncer la fin du jeu, les gagnants éventuels, et la fin de la veillée. Si vous estimez qu'une sortie d'imaginaire est nécessaire, c'est le moment de la faire.
Enfin, il faut soigner votre retour au calme : il doit préparer les enfants au sommeil, tout en étant encore le plus ludique et le plus " fun " possible. Un simple temps sur le dos en silence est vraiment un minimum syndical, et très peu intéressant. Je précise que j'ai choisi l'exemple de la veillée parce que sa particularité est justement ce moment si important. Pour des activités en journée, on peut se contenter d'une annonce de résultats et d'une conclusion d'imaginaire. Le soir, il faut aussi préparer le repos, essentiel en colonie, parce que les journées sont longues et intenses.

Dans un monde parfait, le rythme de la veillée continue à redescendre jusqu'au moment du rituel du coucher, dans les chambres. Chaque animateur doit s'assurer que les jeunes se préparent dans le calme et la sérénité à se coucher. Cela passe par de petites choses : tamiser la lumière en n'autorisant l'allumage que des lampes de chevets ou de la salle de bain proche, ne parler qu'en chuchotant... On prolonge la veillée en se racontant ses grands moments : " Et tu as vu quand il a sauté ? Et quand j'ai gagné la course de tortues ? Et quand elle a tiré au laser sur le méchant ? " Et on prend le temps de se retrouver avec un petit moment bien à nous (une histoire du soir par exemple).


A une autre échelle : le rythme du séjour

Le séjour aussi doit avoir à peu près ce rythme en forme de courbe : le planning des activités et le fil rouge imaginaire, s'il y en a un, doivent suivent cette évolution. Dans les meilleurs séjours, ont fait une " sensi " du séjour avec une sorte de " lettre de Poudlard ", qui annonce un peu la couleur à l'enfant, et éventuellement lui dit quoi prendre dans sa valise (en plus des sept t-shirts, shorts et paires de chaussettes habituels).


En milieu de séjour, on place le point d'orgue : grande sortie thématique de toute une journée ou sur deux jours, grand jeu d'une journée, visite de prestataires ou de personnages imaginaires importants, etc.

Et sur les deux ou trois dernières journées, on prépare la fin : c'est le moment de discuter un peu avec les enfants de ce qu'ils vont faire après la colonie, d'où ils rentrent, etc. Ainsi, on leur rappelle en douceur que d'ici quelques temps, ils vont retrouver leur quotidien habituel, leur famille, éventuellement l'école, et on évite l'ascenseur émotionnel, et les trop grands drames des boums de veille de départ. A propos de boum d'ailleurs, s'il n'y en a qu'une dans le séjour, il est mieux de la placer en avant-dernière veillée, surtout pour les plus grands : s'il y a des couples de formés (ou de déformés...), ils ont ainsi une dernière journée à passer ensemble, avant le retour.




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Séquence de cours : Blaise Pascal, Pensées, parcours de lecture autour de la liasse « Divertissement », fragments 123-129 (1670)

Niveau conseillé : premières générales (L-ES-S)
Objet d’étude : l’argumentation (la question de l’Homme dans les genres de l’argumentation)

J’aime me lancer des défis.
Pascal est une lecture difficile, ambitieuse pour des lycéens : ils peuvent se sentir incapables de comprendre, se décourager, trouver cela ennuyant… Mais, quand j’ai le courage, et que j’aime vraiment une œuvre, je cherche le moyen de l’aborder. Et j’aime leur dire que c’est une œuvre difficile, mais que je crois en leurs capacités, et qu’ils sont suffisamment fins et intelligents pour la comprendre. Surtout s’ils manquent de confiance en eux en français.
Mon objectif avec Pascal ? Qu’il y ait au moins une quarantaine de jeunes, sur une classe d’âge, qui n’affiche pas « Le cœur a ses raisons, blablabla » comme statut Facebook au moindre déboire amoureux.



Comment l’aborder alors ?
Pour commencer, je pense qu’il faut éviter de leur donner l’œuvre à lire en entier : elle serait beaucoup trop abrupte et indigeste. De plus, faire un peu de démagogie, et leur faire remarquer qu’on ne leur donne qu’une dizaine de pages, sur plus de trois cents, ne peut pas faire de mal. Je me suis contentée pour ma part de la liasse de fragments sur le thème du « divertissement », et du fragment sur le « pari ».
Ensuite, il ne faut pas hésiter à faire une introduction de séquence un peu longue, avant de rentrer dans l’œuvre. Le but est que les élèves ne commencent pas leur lecture sans avoir bien compris ce qu’était le jansénisme, qui était Blaise Pascal, et quel était son projet en commençant la rédaction des Pensées.
Une première activité possible est de leur faire lire la biographie de Pascal sur plusieurs supports : par exemple, leur manuel, si elle y figure, le Lagarde et Michard du XVIIe siècle, et la description de Chateaubriand dans Génie du Christianisme. A partir de là, à eux d’en extraire ce qui leur paraît important, et de rédiger leur propre courte biographie. On peut souligner à la fois l’enfant ingénieux qu’il était, qui a presque retrouvé tout seul la logique mathématique, sans aucune leçon, et l’adulte pieux et angoissé, destiné à mourir jeune de maladie. Les élèves apprécient généralement ce genre de détail concret, qui donne du « corps » à l’auteur.
Le portrait que j’ai fait figurer sur mon premier article de « Travaux d’écriture » peut aussi être analysé en classe : aux élèves de verbaliser ce que semble être l’activité principale de cet homme. Il est assis à sa table de travail, c’est un auteur, un intellectuel, il pense…
Enfin, il faut distribuer, lire et expliquer plusieurs définitions du jansénisme : un courant religieux du XVIIe siècle, qui s’oppose au jésuitisme, et qui explique que seul Dieu a le pouvoir de choisir ceux qui seront sauvés, et qu’il serait orgueilleux de croire que de bonnes actions sur terre garantiraient un accès au paradis. On peut aussi évoquer Jean Racine, que les élèves ont vu en seconde, et le destin tragique au théâtre, et on peut terminer par Les Provinciales, où Pascal définit et défend lui-même ce qu’est le jansénisme.
Enfin, il faut dire que Blaise Pascal en commençant les Pensées, voulait défendre la religion catholique. De manière officieuse, en précisant bien qu’il ne FAUT PAS dire cela au baccalauréat, on peut expliquer que les Pensées sont une sorte de campagne publicitaire pour la religion catholique.
N’oublions pas d’insister sur le fait que Pascal n’a jamais achevé ses Pensées, qui ne sont que des feuillets, des « fragments » qui ont été agencés par des éditeurs postérieurs, et que l’ordre voulu par l’auteur demeure inconnu.




Séquence 2
La question de l’Homme dans les genres de l’argumentation, du XVIe siècle à nos jours


Blaise Pascal, Les Pensées : parcours de lecture autour de la liasse « Divertissement », fragments 123-129 (1670)



- Œuvre complète (parcours de lecture dans la liasse « Divertissement »)

En quoi le divertissement et la vanité montrent-ils la misère de l’Homme ?

Lectures analytiques : trois extraits des Pensées de Pascal (1670)
- FRAGMENT 126, édition Le Guern, Depuis le début du fragment jusqu’à « en garantit »
- FRAGMENT 127, édition Le Guern, en entier
- La pari pascalien : extrait de la « PREUVE PAR LE DISCOURS I », de « S’il y a un Dieu… » à « la perte du néant »
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Lectures complémentaires
- CHATEAUBRIAND, Génie du christianisme, III, 12, 1802
- Extrait de la définition du jansénisme par le Trésor de la Langue Française en ligne
- PASCAL, Les Provinciales, dix-huitième lettre au révérend père Annat, jésuite
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Documents complémentaires, HDA.
- FLANDRIN, Blaise Pascal, mathématicien, physicien et écrivain français, Gravure (1844). (Bibliothèque nationale de France, Paris.)
- Cours sur les vanités : Hans Holbein Le Jeune, Les Ambassadeurs, (1533) ; tableaux et sculpture de Verdoael Adriaen (1692), Pieter Claesz (1628), Nicolas Robinstein XXIe ; Nicolas Regnier, Jeune femme à sa toilette Vanité (1676) et Georges de la Tour, Madeleine aux deux flammes (1625-1650)


- le genre de l’essai
- Le divertissement  et le pari pascaliens
- La vanité en peinture (HDA)
- Eléments biographiques sur Blaise Pascal
- Le jansénisme
La séquence résumée dans le descriptif de bac de mes premières




Les lectures analytiques : c’est quand même de la littérature !
On ne peut pas se passer, dans les explications de texte, d’un long moment de paraphrase. Il faut à tout prix, avant de commencer l’analyse littéraire, que les élèves aient compris le sens. Ensuite seulement, on pourra s’intéresser à la construction argumentative, à la façon dont Pascal agence ses arguments, choisit ses exemples et travaille son style de manière à convaincre le lecteur.
C’est une séquence à faire en deuxième partie de l’objet d’étude « argumentation », après que les élèves auront compris la différence entre argumentation directe (quand l’auteur adresse ses arguments explicitement au lecteur) et indirecte (quand l’auteur passe par la fiction ou la poésie pour faire passer ses arguments de manière implicite, comme dans le théâtre de Molière par exemple). Ainsi, on pourra leur faire remarquer que les Pensées se classent dans l’argumentation directe.

Pascal Descartes au Théâtre de Poche

Et en parallèle, les autres séances de cours ?
Pour aider les élèves à comprendre le « divertissement pascalien », on peut faire une séance d’histoire des arts sur les vanités, du XVIIe siècle à nos jours. L’enjeu est qu’ils sachent que le divertissement ce n’est pas simplement ce qui amuse et ce qui fait plaisir, mais tout ce qui occupe l’esprit de manière à lui éviter de penser à la mort, y compris le travail, la guerre, la politique… Donc, les vanités représentant les nations en négociation (Les Ambassadeurs de Holbein) sont aussi intéressantes que celles symbolisant la musique, l’écriture et les voyages. On peut finir par les sculptures de Robinstein, dans lesquelles même Mickey est voué à la mort.
Si vous avez le temps, ou que vos élèves sont motivés, vous pouvez aborder l'excellente pièce Pascal Descartes, de Jean-Claude Brisville. Les deux intellectuels se seraient rencontrés à une seule occasion, alors que Descartes était en fin de vie. Brisville imagine la teneur de cet entretien, dont nous n'avons aucune trace. Si vous pouvez assister à une mise en scène, c'est encore mieux. Vos élèves auront le plaisir  de retrouver des citations étudiées en cours. Et cela les préparera à leur terminale en philosophie.
Le thème de l’argumentation est le moment idéal pour aborder la méthode de la dissertation. Or, l’un des fragments de Pascal illustre parfaitement l’intérêt de cet exercice :

Quand on veut reprendre avec utilité, et montrer à un autre qu’il se trompe, il faut observer par quel côté il envisage la chose, car elle est vraie ordinairement de ce côté-là, et lui avouer cette vérité, mais lui découvrir le côté par où elle est fausse.[1]

On peut expliquer aux élèves que la première partie de la dissertation, c’est le moment d’envisager le sujet comme l’adversaire, et la deuxième est le moment de lui montrer le point de vue selon lequel sa « vérité » est fausse.

Sources et documents utiles :
Je m’inspire énormément pour cette séquence d’une formatrice et enseignante de l’ESPE de Lyon : https://www.apologos.org/s%C3%A9quences/argumentation/pascal-les-pens%C3%A9es/
Elle-même recommande ce site universitaire très bien documenté : http://www.penseesdepascal.fr/index.php
Vous pouvez, de manière officieuse, parce que le langage est cru, et la source non reconnue, envoyer vos élèves voir les vidéos de Cyrus North sur le divertissement et le pari, car les explications sont assez claires : https://www.youtube.com/user/LeCoupdePhil




[1] Fragment 9 de la section 1 sur « l’esprit et le style », édition Léon Brunschvicg.

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